Biographie

Après des études linguistiques à l’Université de Lille III, Stéphanie Gibaud a successivement travaillé pour TransManche Link à Calais, l’Ambassade des États-Unis à Paris, le club de football RC Lens et la banque de gestion de fortune UBS France à Paris.

À l’été 2014, elle devient membre fondateur et secrétaire générale de l’association PILA (plateforme internationale des lanceurs d’alerte).

En 2015, elle reçoit le prix Anticor lors de la soirée « Éthique contre casseroles ».

Le 10 septembre 2015, Stéphanie Gibaud est nommée pour le Prix Sakharov aux côtés de deux autres lanceurs d’alerte, Edward Snowden et Antoine Deltour.

L’affaire UBS

Chez UBS France, Stéphanie Gibaud est chargée de développer sur le territoire français des partenariats avec des enseignes prestigieuses et d’organiser des événements pour attirer et fidéliser les clients fortunés de la banque.

En 2007 éclate l’affaire du banquier américain Bradley Birkenfeld. Celui-ci dévoile à la justice américaine qu’il a aidé ses clients à frauder l’Internal Revenue Service. Suite à ses révélations, toutes les procédures internes de la banque ont alors été modifiées partout dans le monde.

En juin 2008, la supérieure hiérarchique de Stéphanie Gibaud lui demande de détruire le contenu de ses fichiers informatiques suite à une perquisition dans le bureau du Directeur Général à Paris.

Ces fichiers contiennent les coordonnées des clients et des prospects de la banque, ainsi que le nom de leurs chargés d’affaires en France, en Suisse, au Luxembourg, en Belgique ou ailleurs.

Stéphanie Gibaud n’exécute pas l’ordre. S’en suit un véritable bras de fer. Elle se plaint alors de harcèlement, de mise au placard, de discrimination.

Plusieurs collaborateurs de la banque se rapprochent d’elle et lui confirment que le démarchage des chargés d’affaires suisses sur le territoire français est illégal. Ils lui expliquent par ailleurs qu’UBS France a mis en place une comptabilité parallèle, dénommée “Carnet du Lait”, qui regroupe mensuellement les transactions d’évasion fiscale des clients français vers l’offshore.

UBS France essaie de la licencier en 2009 mais ce licenciement est refusé par l’inspection du travail. En 2010, UBS France porte plainte contre sa collaboratrice pour diffamation et perdra ce procès. Stéphanie Gibaud sera finalement licenciée en février 2012.

Considérée comme lanceuse d’alerte dès 2008 puisqu’elle a dénoncé les opérations illégales d’évasion fiscale de son employeur à l’Inspection du Travail puis en portant plainte contre UBS auprès du Procureur de la République fin 2009, Stéphanie Gibaud a été reçue par la BRDP (Brigade de Répression de la Délinquance contre les Personnes) en février 2011 et en mars 2015, ainsi qu’au SNDJ (Douanes Judiciaires) à plusieurs reprises entre 2011 et 2012.

Stéphanie Gibaud a été entendue au Sénat par Eric Bocquet, rapporteur de la Commission Évasion Fiscale en 2012 et par le député Yann Galut en juillet 2013. Elle apparaît dans les rapports de la commission d’enquête sénatoriale du 17 juillet 2012 et du 17 octobre 2013.

Elle publie en février 2014 ‘La femme qui en savait vraiment trop’ au Cherche midi.

Le journaliste d’investigation Antoine Peillon, qui signe la postface de son livre, explique que Stéphanie Gibaud a été l’une des sources de son livre Ces 600 milliards qui manquent à la France, publié en mars 2013.

Le 5 mars 2015, le tribunal des Prudhommes de Paris donne raison à Stéphanie Gibaud en condamnant la banque UBS à 30 000 euros d’amende pour harcèlement sur son ex-cadre. Il n’y aura pas d’appel.

Le 11 mai 2015, elle est reçue au Parlement européen à Bruxelles à l’invitation d’Alain Lamassoure pour être entendue par la commission “Tax Rulings”. Eva Joly, députée européenne, qui siégeait dans cette commission, évoquait déjà son soutien à Stéphanie Gibaud lors d’une interview, le 24 janvier 2015, sur France Inter.

Le 17 juin 2015, Stéphanie Gibaud est reçue à l’ambassade d’Argentine à Paris sur invitation de Ricardo Echegaray, directeur de l’AFIP. Elle y est entendue par les membres de la commission bicamérale du Congrès argentin qui enquêtent sur la fraude fiscale.

En février 2017, Stéphanie se rend au TGI de Paris ; la banque UBS attaquant en diffamation son premier ouvrage “La femme qui en savait vraiment trop”.

Le procès UBS devrait se tenir à l’automne 2018 : https//www.letemps.ch/economie/proces-francais-dubs-sannonce-emblematique alors que sera publiée la traduction anglaise de son deuxième ouvrage.

Nouvelle vie en tant que lanceuse d’alerte

Comme beaucoup de lanceurs d’alerte, elle se retrouve dans une situation très précaire. Dans ‘La traque des lanceurs d’alerte’, elle détaille la vie d’une cinquantaine de lanceurs d’alerte et dénonce les risques pris par ceux-ci au nom de l’intérêt général. Pour elle, c’est seulement tous ensemble que nous pourrons protéger nos intérêts citoyens.